Bamako - Kaolack (Sénégal)

Publié le par Romain

24/04/07 : Bamako - Wakata : 392 km   -> 4498km

La route de Bamako à Kayes n'est pas encore complètement goudronnée, j'avais donc initialement pensé faire ce trajet là en train, mais j'ai changé d'avis, ce sera en moto, c'est plus long mais plus simple.

Je repars donc léger (merci à Mélanie qui a pu me décharger d'une partie d'affaires inutiles). Mon compteur kilométrique, qui avait déjà laché à Ségou mais que j'avais "réparé" à Bamako relaché.. Comme on ne peut pas toujours compter sur les bornes kilometriques et encore moins sur des panneaux, ce n'est pas très pratique pour savoir où j'en suis.

La piste... et c'est tout..

Comme prévu à un moment la route goudronnée s'arrète et laisse place à la piste. Je laisse la large piste en "tole ondulée" aux camions et prend les petits chemins de charettes d'anes des cotés. C'est très sport, limite cross parfois mais plutot amusant. Enfin au bout d'une heure je trouve ça moins drole déja et les bruits que lache de temps en temps la moto ne sont pas fait pour me rassurer! Mais non, elle tient et après presque 3h (85km) je retrouve le bon goudron, c'est bon maintenant c'est facile.

Sur la route un policier m'arrète, étrange, sans raison apparente, ya pas de frontière.. J'obéis, il me demande alors si je suis francais, si j'ai voté et pour qui! Je vois qu'il est un peu déçu que je ne réponde pas "la femme là" comme il disent mais déjà je n'ai pas dis Sarkozy, pour lui c'est un bon point, je peux repartir. En Afrique, nos élections passionnent les habitants, peut-etre plus que les leurs (après le Sénégal, c'est bientot celle du Mali aussi).

Je m'arrète en brousse pour passer la nuit et vais au village voisin pour aller chercher de l'eau au puit pour la soirée. Les femmes présentes ont l'air un ^peu étonné de me voir sortir de nulle part mais elles ne posent pas de question (de toute facon elles parlent pas francais donc ça changerait pas grand chose..). Evidemment je renverse la bassine de l'une d'elle, tout honteux je m'empresse de la lui reremplir.

La douche de brousse, très agréable!

En me couchant, je vois une araignée énorme sur ma moto, à 2m de moi, c'est là que je me dis que c'est pas très malin de pas avoir de tente. (Faudra que je mette la photo sinon vous allez dire que j'en rajoute encore) t'aurais vu ça Clément, tu te serais évanoui (au lieu de ça tu te prends des heures de colle en anglais, ne conteste pas, j'ai lu ça dans la presse sénégalaise)

Bon, elle a pas une bonne tete quand meme hein!

25/04/07: Wakata - Bala (Sénégal) : 456 km   -> 4954km

Cette longue étape c'est un peu un test pour la longue remontée qui m'attend dans une dizaine de jours. 11h sur la route, la moto a tenue, moi aussi.

Je passe à Kayes (prononcé caille) le matin mais m'y arrète très peu. Juste le temps de prendre un sens interdit et de taper la discute avec le policier situé 20m après pour pas qu'il me mette l'amende. Kayes a aussi la sympathique réputation de ville la plus chaude du Mali huumm (46°C de moyenne pour les maximale d'avril..) donc non je ne vais pas y passer la nuit. Je prefère me rapprocher de la fraicheur de la cote sénégalaise.

Paysage sec, avant Kayes

Remarque ce matin en me levant, il ne faisait que 25°C et la première heure avec la brume  je me suis caillé sur la moto avant que le soleil ne réchauffe l'air, première fois que j'ai froid depuis longtemps!

De part et d'autre de la frontière Mali-Sénégal, des bandes de guenons traversent la route devant moi, enfin un peu de vie, ça change des carcasses de vaches qui bordent toujours la route en nombre..

Ce que je vois toute la journée :-)

J'avale la route toute la journée et trouve finalement un petit campement inespéré à Bala, pas de brousse pour ce soir, tant mieux.

26/04/07: Bala - Kaolack : 338 km   -> 5292km

Après le cross avant-hier et l'étape marathon hier, aujourd'hui c'est le slalom géant! La route est criblée de trous, des nids de poules qui ressemblent plutot à des nids d'autruche parfois! Heureusement en moto c'est plus facile qu'à 4 roues pour éviter les trous, je vois les chauffeurs de taxis et poids lourds au ralentis rouler d'un coté de la route puis de l'autre etc pour tenter deseperément de les éviter mais c'est dur.

D'autres ont une technique plus radicale, ils passent à fond, tout droit. On les retrouvent généralement plus loin un essieu cassé ou un pneu éclaté..

J'arrive finalement à Kaolack, capitale régionale, près de la ville on vend des montagnes de sel. Mais alors?.. la mer n'est plus loin!.. En effet un bras de mer arrive jusqu'ici, à travers le delta du Sine-Saloum. Bientot la cote atlantique.

A Kaolack, je rencontre Badou, artiste musicien (comme environ 90% des africains que je rencontre :-)...). On dine ensemble et il m'invite à boire le thé chez lui. Après ces 3 jours passés uniquement à rouler ça fait du bien de renouer avec l'essence du voyage: les rencontres.

Chez lui sa petite nièce hurle de terreur dès qu'elle me voit: elle a peur des blancs et a se lit dans son regard, j'ai l'impression d'etre un monstre.

En parlant avec Badou, j'apprend qu'il a vécu au Ghana et qu'il connait bien Vié, l'ivoirien que j'avais rencontré avec Adama à Kokrobite! (Je sais pas si vous suivez mais tout ça pour dire que c'est quand meme une drôle de coïncidence!)

(au passage, vous remarquerez que j'ai franchi la barre des 5000km!!  cool j'ai fait la moitié...)

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emy 02/05/2007 15:43

toujours un plaisir de te lire!bon courage pour la deuxieme moitié de ton periple^^.

Etienne 30/04/2007 09:16

Bonjour Romain,
Je ne manque pas de suivre la progression de ton périple si passionnant et si vivant ! Comment mieux connaitre en profondeur le continent africain qu\\\'en se frottant, comme tu le fais, aux difficultés de transport, aux aléas de toute sorte et aux mystères du hasard des rencontres ?... cette petite remarque est valable pour tous les lieux de notre bonne vieille terre, bien sûr (je ne connais pas le continent africain)...
Je te souhaite une bonne deuxième partie de voyage, et te dis peut-être à bientôt pour nous raconter de vive voix de belles histoires africaines comme tu dois en avoir plein en réserve... ton récit au ton juste et si humaniste nous donne envie d\\\'en connaître davantage !
un tonton

Bruno 29/04/2007 20:01

 Qu'est ce que tu crois Agnès , Romain est un super mécanicien maintenant, et ce n'est pas une petite crevaison qui va l'arreter.

girault agnÚs 29/04/2007 12:38

Plus de mille kilomètres et pas la moindre petite crevaison...Que se passe-t-il ? Est ce un miracle à moins que nous ne nous en parles plus ! peut être que c'est la recette de la double chambre à air qui marche;
Bises familiales, maman

Les Bernik 28/04/2007 15:12

1200 km en trois jours : respect total !