Bobo-Dioulasso - Sévaré & Pays Dogon

Publié le par Romain

02/04/07 : Bobo-Dioulasso :

Aujourd'hui je passe la journée en compagnie d'Ablakid, le pompiste chez qui j'avais dormi à Boromo. Il est venu à Bobo pour féter le mariage de don frère et m'y avait invité.

L'après midi se passe avec les hommes, à boire des petits verres de thés chauds à l'ombre des manguiers, à jouer aux cartes et aux dames, discuter. Dans la cour de la maison, c'est le domaine des femmes, ca discute pas mal aussi et ça prépare des énormes bassines de riz pour le repas entre autre.

La mariée, elle, n'est pas là, elle est dans une pièce de la maison, personne de doit l'a voir sauf quelques "vieilles" (c'est le terme utilisé ici) qui lui tiennent compagnie et la conseille pour sa vie d'épouse

Vient ensuite la bénédiction avec le speech du muezzin, (la famille est musulmane), mais apparement pas troprigide la dessus, les jeunes n'ont pas l'air plus passionné que ça.. Puis à la fin d'un coup tout le monde se lève: c'est l'heure du foot! différentes parties s'organisent alors dans la rue, le terrain étant régulièrement traversé par des poules effrayées, des vieux taxis verts ou des troupeau de vaches..

03, 04&05/04/07 Bobo-Dioulasso - Sévaré : 245, 249 & 88 km -> 3169 km

Aujourd'hui je quitte le Burkina. Les vacances scolaires sont finies et sur le bord des routes près de Bobo des files indiennes d'élèves s'en vont rejoindre leurs salles de classes.

Sinon la route est déserte, je ne croise que quelques très rare camions. A la frontière, la douane burkinabé veut me faire payer pour le laisser-passer de la moto que je n'avais pas pris en entrant (je me disais que c'était rapide aussi...) mais finalement, indulgent devant ma bonne foi, ils me laissent passer. Décidement ils sont bien sympas ces burkinabé.

Au mali, l'officier me demande un petit cadeau mais je vois qu'il n'y croit pas lui même, c'est juste de la formalité. La route se poursuit jusqu'à Koutiala, même paysage et toujours aussi peu de voitures.

Les journées suivantes se ressemblent. Une petite crevaison vient pimenter tout ca. Lors d'une nuit à la belle étoile dans la brousse malienne j'entends les tam-tams et les chants venant du village voisin qui résonnent tard dans la nuit (Peut-etre encore une funéraille?)

A Sévaré, je loge chez Willy, un français qui habite ici et qui a de la place pour les voyageurs de passage pour une nuit ou pour des mois, au grés de leur générosité. Le concept est très sympa et bien plus convivial qu'un hotel tout en ayant un peu de confort (la douche avant de dormir c'est quand meme bien..) (voir www.villanomad.com)

Willy est fan de piroque et avec quelques copains, on passe un après-midi sur le fleuve niger à boire des jus de bissap (il faut que j'enquète pour en savoir plus mais c'est très bon) à se baigner et à admirer les berges de Mopti, la ville carrefour dans ce delta intérieur du Niger.

06 au 10/04/07 : Excursion en pays Dogon 220 km   -> 3389 km

Aujourd'hui Mélanie doit arriver. A l'aéroport de Sévaré, situé au bout d'une petite piste, un coucou à hélice se pose sur le tarmac brulant, la voila, c'est bon elle a pu avoir une place.

Je lui laisse le clavier pour la suite

L'arrivée à Sevaré se passe bien. On passe l'après midi à préparer notre excursion en pays Dogon, l'occasion pour moi de me rehabituer aux marchés africains, à la poussière, aux sourires des gens... et à la chaleur! Oui parce que chez Willy c'est bien, mais y a pas la clim!

Je trouve qu'elle fait petite la moto sur la photo non?

Débute alors notre première expérience de moto à deux. Les premiers km se déroulent sans probleme. C'est du goudron, c'est facile. Arrivés à Bandiagara, capitale du pays Dogon, on trouve un guide qui nous propose de nous accompagner pendant les 3 prochains jours de villages en villages. Il faut savoir que les Dogons sont un peuple emprunt d'une culture traditionnelle très riche et complexe. Le touriste mal informé a vite fait de s'attirer les foudres des génies et des esprits malveillants en pénetrant des lieux interdits!

Les "bogolans", tissus traditionnels Dogons, d'écorés à l'argile et aux couleurs naturelles

Les dogons vivent dans les falaises de Bandiagara, d'une longueur de près de 200 km, atteignant parfois 200m de haut. Leurs ancêtres avaient accroché leurs maisons sur la falaise, parfois à des hauteurs vertigineuses. Aujourd'hui, ils se sont déplacés soit au pied des falaises, soit sur le plateau, bénéficiant alors d'une vue incroyable sur toute la plaine.

Les greniers et habitations initiales des Dogons, perchés pour dominer la plaine

La première partie de trajet se fait à moto, dans une piste sableuse pas facile! Mais romain gère pas mal. On finit quand même par se casser la figure, mais le sable amortit la chute, donc tout va bien. On signale quand même deux creuvaisons en cours de route. Même en pays dogon on trouve un mécanicien qui nous fournit une nouvelle chambre à air!

Village dogon, accroché à la falaise

Après la moto, c'est la marche à pied! C'est bien de visiter le pays Dogon au mois d'avril, il n'y a aucun touriste, on a l'impression d'être les seuls "toubab". Sauf qu'au Mali, le mois d'avril, c'est le plus chaud, et marcher en plein soleil quand il fait 40° à l'ombre, y a que Romain qui trouve ça marrant!

Bon là on dirait pas, mais en fait il fait très beau, et un poil chaud..

 Heureusement les paysages sont magnifiques, on remonte la falaise à travers une brèche et atteignons rapidement le village où nous passons la nuit. Celui-ci est posé sur le plateau, au bord du précipice, coincé entre des énormes blocs de rochers à faire palir d'envie tous les grimpeurs.

Redescente dans la plaine au milieu de gros bloc très esthétiques

On nous avait prévenu que le pays dogon était devenu une sorte de "dogonland sans mickey", peut-etre est-ce du au fait que nous sommes "hors saison" et dans un coin un peu moins visité,  mais au final nous avons été plutot agreablement surpris par l'ambiance et l'accueil des gens. Les enfants nous demandent toujours des bonbons, mais c'est plus par habitude, et ils n'insistent jamais.

Corvée d'eau au village de Bénimato

Cette expérience est très dépaysante. Nous vivons au rythme du soleil et de la vie des villages, reveillés par le chant des coqs et le braiement des ânes. En dormant sur les toits, nous pouvons assister à toutes les activités du village : les femmes qui pillent le mil, les hommes qui discutent à l'ombre des arbres (humhum, faudrait que j'ecrive un article à ce sujet...), les enfants qui jouent au foot, les troupeaux de moutons et de vaches qui rentrent à la maison... Mais chaque chose à une fin et nous rentrons à Sévaré, épuisés  mais contents.

Mélanie s'essait au pilon sur du mil, à Kani-kombolé

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Romain 17/04/2007 13:13

Le Niger a un "delta interieur", entre Ségou et Tombouctou, passant par Mopti.

Michel 17/04/2007 11:22

Pourquoi parles tu du delta du Niger ?
de quel delta s'agit il ?
merci pour les dernières nouvelles.

Bruno 17/04/2007 10:39

 Je me demandais ce qu'il t'arrivait , me voilà rassuré . Nous sommes contents d'avoir de tes nouvelles . Bonne continuation .  Recois- tu mes mails ?
Bises

Bernard 16/04/2007 20:08

Enfin des nouvelles ! Ca fait 9 jours que l'on ne dormait plus ! Le récit de ton voyage est aussi passionnant que Tintin au Congo !Pour être franc, après ton dernier courrier, je me suis précipité chez Norauto pour acheter une bombe anti-crevaison. Je n'en avais plus depuis ma dernière crevaison ; c'est vrai qu'elles sont plus rares sur le goudron français que sur les pistes africaines. Nous attendons les photos.A bientôt.

michel Girault 16/04/2007 19:32

Ca fait plaisir d'avoir la suite du voyage, car ici, tout le monde attend avec impatience et au bureau depuis plusieurs jours, les collègues m'appellent pour me demander pourquoi le carnet de voyage s'est arrêté...
Bonne continuation et aux prochaines nouvelles.