Jos et Yankari

Publié le par Romain

Aaaah Jos !! Son climat, sa quiétude, son plateau, ses légumes et ses fruits… Bon nombre de nigérians s’accordent là-dessus : Jos est une ville bien agréable.

 

Il faut dire que située sur le grand plateau du même nom, au centre-nord du Nigéria, à 1200 m d’altitude, la ville échappe à la chaleur lourde et assommante des plaines. Pendant les mois de décembre et janvier, quand souffle l’Harmattan, le vent froid du nord, la température peut descendre en dessous de 5 degrés. Mais se trouvant assez au nord, la saison des pluies n’est pas trop longue non plus, bref cela donne un climat plutôt agréable.

 

C’est grâce à ce climat et aux nombreuses cultures ainsi rendues possibles que Jos tient sa réputation de verger du Nigeria, on y trouve même des fraises… Et puis à coté de Jos, il y a les Shere Hills, un massif de petites montagnes bien vallonné, très peu habité, où on ne croise que quelques Fulani (ethnie dont les membres sont essentiellement bergers/nomades) et leurs troupeaux.

                                                                        Balade dans les Shere hills

 

Bref  pour passer un we de 4 jours, ça parait pas mal.

 

La première étape c’est d’abord l’avion jusqu'à Abuja, la capitale. Il y a des vols directs Lagos-Jos mais vous savez ici, prendre l’avion c’est un peu la roulette russe avec certaines compagnies. Donc Abuja. Abuja ou la ville fantôme… cette ville a été construite dans les années 70-80 quand le gouvernement s’est rendu compte de l’impasse totale dans laquelle se trouvait déjà Lagos : une population sans cesse croissante, aucune infrastructure, un capharnaüm permanent. Donc au lieu de chercher à améliorer cela, ils se sont dit : bon, on abandonne Lagos et on repart à zéro. Résultat 30 ans plus tard : des millions et des millions engloutis par la construction des nouveaux buildings de l’administration, des rues trèeeees larges et propres, pas d’embouteillage, pas de pauvres (ah bah non, Abuja est la vitrine du Nigeria, il faudrait pas qu’on sache qu’il y a des pauvres au Nigeria.. donc dès que des masures se construisent, elles sont rasées) mais pas vraiment d’habitants non plus. A coté de ça on trouve un stade flambant neuf, des hôtels luxueux pour accueillir les autres pays en visite ou les expatriés de passages. Finalement c’est vrai que c’est une ville propre avec des infrastructures qui marchent plus ou moins mais ce n’est pas le Nigeria, c’est une ville trop élitiste, juste pour le business et qui n’a aucune ambiance particulière. D’ailleurs tous les expat vous le diront, à Abuja, on s’ennuie.

 

Donc on ne reste pas, et on part direct pour Jos. Sur la route on en profite quand même pour s’arrêter se rafraîchir dans des cascades plutôt sympas.

 

Assop falls entre Abuja et Jos

 

Et puis ensuite, petite visite tranquille de Jos et son wildlife park, une sorte de zoo en pleine air, toujours bien pour se dégourdir les jambes et se préparer au safaris de Yankari. Et oui, Yankari National Park c’est un peu le deuxième but du voyage, à 3h de route de Jos, ce serait dommage de pas aller jeter un œil à cette réserve, quasiment la seule au Nigeria où on peut encore voir des animaux (les braconniers sévissent partout dans le pays).

 

Un locataire du Wildlife park de Jos mais je me souviens plus du nom.. ( c’est malin..)

 

L’état de délabrement des infrastructures touristiques de Yankari est incroyable, je ne comprends pas qu’on puisse être aussi mauvais gestionnaire (à l’abandon comparé au parc de la Pendjari, pourtant au Bénin, bien plus pauvre) et pourtant les bungalows sont nombreux, restaurant, buvette, musée, terrasse, tout y est, mais comme d’habitude ici, on a vu grand on a fait beau mais rien n’a suivi derrière.. aucune maintenance.. Bref ils sont en train de tout reconstruire (donc de l’argent il y en a) et dans 15 ans ils recommenceront. Enfin moi je dis ça… je dis rien hein..

 

 

Mais bon, nous avait notre petit bungalow miteux ça nous allait bien quand même. Le soir on part donc en petit safari dans le parc, avec un couple nigérian pour partager les frais, à l’arrière d’un vieux pick-up. Les gens nous avaient prévenus depuis le début : « Ah mais c’est pas la saison pour Yankari, les herbes sont trop hautes, vous verrez rien etc.. » tsstss balivernes, donc on est venu quand même.

 

Peter devant les Waterbuick, des sortes de grosses antilopes

Et c’est vrai qu’au bout d’une heure bah à part 3 antilopes qui se battent en duel, pas grand chose..

 

Et puis tout d’un coup juste sur le bord de la piste, à notre gauche, un énorme troupeau d’éléphants : au moins 140 pattes (oui, y en a bien qui compte en tête, moi je compte en patte) avec des bébés, des moyens, des gros, bref tous les modèles. Ah bah si c’est pas de la chance ça. En plus ils traversent la piste devant nous, comme ça on peut bien les voir, ça c’est fair play.. J

 

 

Les dits elephants

 

Aux alentours du camp, il y a aussi phacochères et babouins, plus ou moins habitués aux touristes, mais qui protègent bien leurs petits quand même !.

 

 

   

La mere couveuse et le pere peinard

L’autre attraction de Yankari c’est Wikki spring, une source d’eau chaude très claire qui coule près du camp. Toute l’année l’eau sort à 31 degrés, au pied d’une petite falaise, ce qui est plutôt sympa pour se détendre après une dure journée comme celle-ci. On en oublierait presqu’on est au Nigeria.

 

Baignade dans le courant d'onde pure

 

   

Le cadre est pas trop mal quand meme

Apres le même programme le lendemain matin, safari et baignade, on retourne sur Jos.

Aujourd’hui c’est la fin du Ramadan et dans les états du nord, essentiellement musulman, cela est bien fêté. Déjà sur la route la veille, on voyait des colonnes de personnes, hommes, infirmes, vieillards, femmes, pauvres, enfants, riches marchant le long des routes jusqu’au prochain point de prière, souvent juste un rassemblement dans la savane où la prière du jour était célébrée. C’était très impressionnant de voir tous ces gens marchant sur les bords des routes avec toutes les couleurs différentes de leurs habits et parfois si nombreux que notre voiture avait du mal a se frayer un passage au milieu..

 

 

Mais aujourd’hui c’est une autre célébration, dans les villes un peu importante ont lieu les « Durbars », ces parades où les guerriers et les chefs influents de la région défilent sur leurs chevaux recouverts de belles parures, tirent des coups de feu, font des démonstrations d’habilité équestre etc.

 

 

 

 

 

Le durbar de Bauchi

 

Les cavaliers defilent

 

 Les plus spectaculaires sont ceux de Kano et Katsina mais en traversant  Bauchi, on a eu la chance de tomber en plein durbar de la ville, c’était donc l’occasion d’assister à ce type de parade. Toute la ville semble s’être rassemblée pour y assister et partout sur les toits et aux balcons, les gens se pressent et s’entassent pour voir passer le défilé.

                                                                 Des spectateurs du durbars voulant une photo

                                                               Il ya du monde sur le toit de cette maison !

Par habitude, on fait toujours attention lorsqu’on prend des photos, cela peut être mal accepté, surtout dans le nord mais aujourd’hui aucun problème. Les gens veulent tous avoir leur photos (ouf, vive le numérique !) et les cavaliers posent fièrement, esquissant un sourire et nous regardant du coin de l’œil, surement intrigues que des « bature » (et oui on est en pays haoussa, « blanc » se dit « bature » ici et non plus « oyibo ») viennent assister a leur durbar.

 

 

Un sourire de cavalier

 

De retour à Jos, le lendemain, lever 6h30 pour partir en balade dans les Shere hills. C’est Jide et Thomas qui seront nos guides (un nigerian et un francais). Ils ont monté une association d’éco-tourisme qui propose ainsi des activités nature dans les environs de Jos et Jide le rasta-écolo peut alors exposer toute sa connaissance des oiseaux (qu’il peut reconnaitre de si loin que t’as même pas encore aperçu l’oiseau quand il te donne son nom, ah il est fort le Jide..). Pour ceux qui iraient faire du tourisme là-bas, leur assoc s’appelle « Padaka » et Thomas fait aussi chambre d’hôtes. (Je vous mache vraiment le travail la, ya plus qu'à prendre les billets d'avion.. ;-) )

 

 

Le plateau vu des Shere Hills

Quel plaisir de marcher dans ces montagnes et de voir au long de l’ascension, le panorama sur le plateau s’élargir. On traverse aussi un campement fulani puis on croise un jeune berger, haut comme 3 pommes et demi, qui garde ses vaches. Il passe ainsi ses journées, seul avec son troupeau à errer dans les montagnes... une enfance tellement différente…

 

Le jeune berger et son troupeau

 

Puis c’est le retour vers Abuja pour prendre l’avion ce soir. On s’arrête sur le bord de la route pour acheter quelques fruits et légumes du plateau et dans quelques heures on survolera les gigantesques tentacules scintillants de Lagos.

Un marché pres de Jos sur la route d’Abuja

 

 

 

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Bernard 16/11/2006 10:10

Oryx de se répéter, c'est bien une antilope.Bise

clément 04/11/2006 09:18

je confirme l'idee d'alban c'est un oryx
 

alban 04/11/2006 08:53

Salut Romain , l'animal dont tu ne connaissais pas le nom, d'après mes recherches ça serait un addax ou un oryx.   voilà, à bientôt