Calabar et la foret tropicale

Publié le par Romain

Du 11 au 15 Septembre

Apres un court passage d’une semaine en France début Septembre pour récupérer mon nouveau visa (ce qui une fois de plus m’a permis de travailler ma gestion du stress puisque je ne l’ai obtenu qu’un quart d’heure avant la fin de l’enregistrement de mon vol à Roissy..) je suis revenu au Nigeria avec Mélanie pour y passer mes 2 autres semaines de vacances.

On passe tout d'abord un petit we (d’adaptation pour Mélanie) à Lagos, et nous voilà partis pour Calabar, dans l’extrême sud-est du pays, pas très loin de la frontière camerounaise, là où se trouve la majeure partie de la forêt tropicale encore existante au Nigeria.

 

 

 

 

J’étais auparavant entré en contact avec une ONG britannique « Cercopan », basée à Calabar et qui a aussi un centre de recherche situé à une centaine de km, au cœur de la forêt. Au Nigeria, le singe est une cible privilégiée des chasseurs car sa viande est appréciée par les habitants, la sorcellerie utilise souvent des parties de singes (le crâne surtout) et on peut aussi vendre les plus jeunes comme animaux domestiques.

Le boulot de Cercopan est donc de lutter contre la chasse abusive, de récupérer les singes, souvent des orphelins, pour les réintroduire progressivement dans leur milieu naturel, de sensibiliser les populations locales sur ce sujet et aussi de mener différentes études sur la faune et la flore de la forêt tropicale.

 

 

 

 

Une fois dans les bureaux de Cercopan, nous convenons avec Nickie qui travaille ici depuis 3 ans, que nous partirons avec elle pour le « centre de recherche »  demain matin pour y rester 2 nuits. Cela nous laisse donc le temps de visiter Calabar et son intéressant musée.

 

 

Calabar a la réputation d’être calme, propre et paisible (le contraire de Lagos quoi..), et cette réputation ne parait pas usurpée, la ville est en effet plutôt propre, et même si on entend toujours les klaxons on ne retrouve pas les go-slow si caractéristiques des grandes villes du sud-ouest. Il faut dire que Calabar est bien plus petite c’est vrai, mais la municipalité fait quand même beaucoup de choses pour rendre la ville agréable. C’est  d’ailleurs à Calabar que j’ai vu un objet jamais vu ailleurs : une poubelle publique…

Entre le xvie et le xixe siècle, Calabar a été un port très important pour le commerce des esclaves, puis ensuite pour le commerce de l’huile de palme. Le musée, dans une belle bâtisse coloniale, retrace ainsi l’histoire de la ville et de la région, avec de nombreuses photos et objets d’époques.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le lendemain matin, nous partons tous les 3 (Nickie, Mélanie et moi) sac au dos pour prendre un danfoo (minibus utilisés pour le transport en commun, pour ceux qui n’ont pas révisé leur vocabulaire) jusqu'à un petit village à 1h30 de route.

Le reste de la route, une mauvaise piste rendue extrêmement boueuse par les fortes pluies (saison oblige) est impraticable en voiture, même en 4x4.

 

 

 

 

Là commence la partie la plus amusante du voyage !

 En route vers le centre de Cercopan

 

 

 

On doit donc prendre l’okada pendant 1h30, dans la brousse puis dans la forêt, tantôt à traverser des ruisseaux qui noient le pot d’échappement, tantôt à pied dans les montées glissantes, tantôt à prier pour que les freins ne lâchent pas maintenant dans les descentes, tantôt à traverser les villages ou les nombreux enfants nous saluent toujours autant.

Mais les chauffeurs se révèlent très compétents, ça ne tiendrait qu’à moi je me serais pris 2/3 bonnes gamelles, surtout avec un passager et un sac à dos mal accroché à l’arrière ! Mais tout va bien et le voyage est super sympa (à part cette #* !$& de boite de conserve qui me laboure un peu plus le dos à chaque secousse, m’enfin !).

Sur la piste, on croise de nombreux villageois des alentours, surtout des femmes et des enfants, à pied, allant au champ ou revenant de la cueillette des fruits. Pourtant il y a des écoles mais je ne suis pas sûr que l’emploi du temps soit très chargé et toujours respecté pour les élèves.

 

 

 

On s’arrête aussi au village le plus proche du camp, Eko-Esai,  en bordure de la forêt, afin d’y acheter un peu de nourriture. C’est en coopération avec la population de ce village que travaille Cercopan, il est toujours bien que les visiteurs de l‘association participent à l’économie locale. Durant ces 2 jours nous pourront ainsi tester la cuisine au feu de bois avec des produits locaux. On se préparera ainsi, entre autre, des très bonnes plantains (c’est des très grosses bananes, mais qui ont un goût complètement différent et qui se mangent cuites, en légumes)

 

 

 

Une fois arrivés près de la zone de forêt où travaille Cercopan, il ne nous reste plus qu’un petit km à pied (enfin, si on se trompe pas de chemin comme nous quoi..) et nous voilà au camp.

 

 

 

 

Ici la vie me fait penser à un camp scout amélioré, mais dans un environnement un peu plus hostile quand même. Des panneaux solaires pour capter les rares rayons de soleil à travers les arbres, qui permettent donc d’allumer quelques néons 3h par jour, l’eau de la rivière filtrée et bouillie et la cuisine au feu de bois. Et bien autant pour 48h c’est vraiment sympa, autant pour y rester un an… faut vraiment aimer les singes, parce que ça doit pas être facile tous les jours !

 

 

 Soit il faut que j'apprenne a courir plus vite soit il faut que j'achete un appareil photo avec un retardateur plus long...

 

 

 

 

En meme temps vous etes temoins, c'est pas tout pres et il faut que je cours sur des planches... ca facilite pas les choses!

 

 

On a donc profité de ces 2 jours dans la forêt pour se balader, admirer des arbres à la structure étonnante,

 

 

 

se baigner dans la rivière qui passe à quelques kms, se débarrasser des tiques, fourmis, puces, moustiques, qui nous mordaient et nous piquaient de partout (Mélanie étant plus branchée moustiques et moi fourmis apparemment) et aussi regarder les singes dont s’occupe Cercopan.

Un grand enclos a été construit dans la forêt (plusieurs centaines de mètres de diamètre) afin que les singes puissent se réhabituer progressivement à une vie semi-sauvage avant d’être relâchés dans la nature. Mais tout se processus prend énormément de temps, d’une part pour les singes, mais d’autre part pour les relations avec les communautés locales, pour être sûr qu’ils ne chasseront pas les singes une fois ceux-ci lâchés dans la nature et habitués à la présence de l’homme !

 

 

 

 

 C’est tout de même assez incroyable la vie dans le camp, il y a donc un britannique, une étudiante en primatologie, une néo-zélandaise, un biologiste nigérian et du personnel des villages voisins pour la logistique. Autant vous dire que le cadre de vie ici est plutôt calme ! Enfin le jour du moins... parce que la nuit, la forêt se réveille, et alors on entend les multitudes d’insectes, les grenouilles, les oiseaux, les singes etc, tout ceci créé une atmosphère assez impressionnante.

 

 

Les cabanes qui servent de bureau, chambre ou salon, sont construites sur pilotis (le sol est tellement humide qu’on y trouve des crabes) et les murs sont en moustiquaire (ce qui ne nous a pas empêché de nous retrouver avec une énorme araignée que je suis content de n’avoir vu qu’à mon réveil sinon la nuit aurait été moins paisible ! J, vous savez les gros spécimens qu’on achète pour mettre dans les terrarium, bah voila, une comme ca.. bon un poil plus petite à la limite…mais quand même ! non mais, après on va dire que j’ai peur des araignées.. tsstsstss..).

 

 

  Un petit habitant de la region

 

 

 

 

Sur la route du retour (toujours en okada, avec une route encore pire qu’avant même puisqu’il avait plus bien fort toute la nuit !) on s’arrête à Eko-Esai, le village voisin qui « prête » la forêt à Cercopan, pour aller saluer le chef du village et le remercier pour son accueil, comme recommandé par Nickie. Nous voilà donc à 10h du matin à boire des verres de liqueur de noix de coco avec le chef du village entouré de son conseil des anciens.

Voyant qu’une cérémonie se prépare à coté, j’essaye d’entamer la discussion : « Ah, vous préparez une petite fête ? »

«  Non, c’est un enterrement.. »

Gloups… bien, donc ça c’est fait…euh… vite autre chose à dire…

 Puis après le deuxième verre et quelques échanges mieux trouvés nous repartons sur nos fidèles destriers à moteur.

 

 

Le reste du voyage en bus jusqu’à Calabar se passe sans encombre.

Nous profitons de l’après-midi pour nous reposer un peu, se balader dans la ville, trouver un petit resto sympa ( à la cuisine toujours aussi épicée.. et pourtant on avait demandé sans piment ! ) et le soir nous allons boire un verre avec une partie de la communauté d’expat de Calabar. Il y en a quand même quelques-uns. En fait il y en a même sûrement beaucoup car dans les environs est en train de se construire un immense complexe touristique de luxe, le « mini-Dubaï nigérian » soi-disant, construit par des compagnies occidentales… Ah, ici on ne fait pas les choses à moitié, c’est tout ou rien…

 

 

Le lendemain matin, avant de prendre notre avion de retour, nous avons eu le temps de passer voir une autre ONG, Pandrillus, qui fait le même travail que Cercopan mais avec des espèces de singes différentes : des drills et des chimpanzés. Ils ont eux aussi un centre en forêt avec de grands enclos, à 5h de route de Calabar, un peu plus au nord que là où nous étions, avec le même type de nature préservée.

 

 

 

La veille, de nombreux vols avaient été annulés au Nigeria à cause des grèves dans le secteur pétrolier qui avait entrainé des pénuries de fioul, mais notre avion a finalement pu décoller sans (trop de) retard pour nous ramener dans l’agitation de Lagos.

 

 

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Romain 09/10/2006 12:11

Merci Nico!
Je dois dire que tes photos de ton retour en moto jusqu'a Ouada sont pas mal non plus!!
Et puis... ca me donne des idees pour la suite...
En tout cas, t'es toujours bien venu pour un we a Lagos si tu passes dans le coin hein ;-)

nico 02/10/2006 11:08

salut romain!
sympa les vacances, ca a l'air de bien se passer et le blog est toujours aussi sympa. Ca fait plaisir d'avoir un peu de nouvelles du Nigeria...  le cadre de vie à Calabar et dans la foret tropicale doit etre assez depaysant par rapport a Lagos! Et puis ca avait l'air sympa le petit trajet en moto dans la boue... ; )
Et l'adaptation c'est bien passé pour mélanie? Pas facile entre le chaos de lagos et la foret tropicale au milieu des singes.
Sinon je cherche toujours du boulot mais ca devrait se concretiser dans les jours qui viennent... Beaucoup moins excitant que le Nigeria...
allez bye et profitez en bien!
nico