Un we a Ibadan

Publié le par Romain

 

Le we dernier on avait décidé d'aller visiter Ibadan. C'est une grosse ville à 1h30 de route de Lagos (en Afrique, on dit pas « c'est à combien de km? » mais « c'est à combien de temps? »,  car selon l'état de la route, le temps qu'il fait, l'humeur des policiers aux barrages, l'âge de la voiture aussi.., une distance ca veut plus dire grand-chose. Bon je vous le dis quand même, c'est a 130 km environ, mais c'est la dernière fois hein.) 

Bref on voulait aller visiter cette grosse ville de 5 millions d'habitants (visiter, c'est vite dit, en un we..), capitale du pays Yoruba et ville très importante pour le commerce, (c'est à Ibadan que se  trouve le plus grand marché ouvert d'Afrique parait-il),  d'autant qu'il y a là-bas une VI, donc ca nous fait l'occasion d'aller lui rendre visite.

On avait prévu d'y aller à pas mal, dont 2 amis qui ont des voitures, (ah bah ca tombe bien ca). Sauf que, vu qu'il y avait une petite soirée la veille, à midi ils étaient encore dans les bras de Morphée, mais on allait pas annuler le we pour ca. Heureusement Jb a le numéro d'un taxi sympa, on l'appelle donc et peu après nous voila sur la route, bien calés dans une vieille Mazda.

Le chauffeur est en effet super sympa, il s'improvise guide en même temps, on a donc le droit à des commentaires nous détaillant les paysages qui défilent.

On est donc tranquillement sur la route, quand tout d'un coup le camion qui nous précède fait une embardée, traverse les deux voies sur 2 roues juste devant nous, avant de finir en tête-à-queue et demi-tonneau sur le bas coté. Gloups... Heureusement notre chauffeur a bien maitrisé la situation.

 

En revanche, pour Arnaud, un VI qui vient d'arriver au Nigeria il y à peine plus de 12h, ça fait une entrée en matière un peu costaud. Généralement on n'a pas besoin de ça pour se dire que Lagos est une ville de fous !! Toujours est-il qu'on s'arrête pour aller aider les occupants, qui sortent assez miraculeusement indemnes en priant le ciel, puis nous revoilà repartis. En fait c'était à cause d'une voiture qui traversait le terre-plein central pour faire demi-tour sur une 2x2 voies. Ah la conduite nigériane, faut s'y habituer quand même.

 

 

                                 

                                 Une Publicite pour une des nombreuses Eglises evangeliques du pays:

          "Venez prier avec les gagnants, Les miracles arrivent tous les jours, le tien est au coin de la route.. "

                       (Bah y en aurait besoin de miracles sur la route pour eviter tous ces accidents !)

Le problème c'est qu'outre le fait que personne ne passe son permis, ou presque, il n'y a aucune règle de base qui est respectée, ainsi il arrive souvent de croiser des voitures à contresens, même sur des gros axes et bien qu'assez  peureux pour certaines choses (l'eau, la hauteur etc.) les nigérians semblent inconscient du danger sur la route et enfin, les véhicules sont souvent trèèèès loin de passer le « contrôle technique » (On croise vraiment des carcasses roulantes parfois...). Tous ces facteurs font que les accidents de la route sont assez nombreux, ainsi en continuant notre chemin, on a encore vu un minibus parti dans le fossé et un autre plus loin qui avait perdu ses 2 roues arrière. « Ah bah forcément il va beaucoup moins bien marcher maintenant ! » (Un carambar à celui qui me trouve l'acteur et le film de la réplique, Clément, t'as pas le droit de jouer, c'est trop facile pour toi).

Mais on arrive sans autre problème à Ibadan. C'est une ville très aérée et très étendue, il y a quasiment aucun immeubles, donc la ville s'est développée complètement à l'horizontal, d'où sa superficie gigantesque. Ce n'est pas facile de s'y retrouver quand on débarque, surtout que, comme nous l'apprend Anne-Cécile qui habite ici depuis 1 mois où 2, il n'existe pas de plan de la ville. Non pas qu'il soit dur d'en trouver un, il n'en existe pas, c'est tout. (J'ai déjà remarqué que ce n'était pas dans l'habitude des nigérians de consulter des plans, ainsi quand je demande à mes collègues où ils habitent, ils peuvent me citer tous les noms de quartiers des environs mais pour me montrer l'endroit exact sur une carte, c'est souvent plus difficile).

Le lendemain, j'avais le souhait d'aller grimper sur une petite colline depuis laquelle on aurait une belle vue sur la savane environnante. En plus sur le guide ça avait l'air pas trop loin, il disait 30km (oui je sais ça veut rien dire les km ici, mais dans le guide il disait ça).

Nous voilâmes donc partis, plein d'entrain, toujours avec notre ami chauffeur à l'assaut de cet impressionnant sommet (un bon 300m de haut au moins...).

Et bien c'était sans compter sur l'état de fatigue assez avancé de la voiture.

Au bout de qques kms on est déjà obligé de s'arrêter « au garage » histoire de faire ressouder je ne sais quoi.

 

 

 

                          La premiere pause "mécanique". Le chauffeur, c'est le monsieur tout a droite, en blanc.

 

 

Ensuite quand on commence à s'engager sur une route/piste bourrée de nids de poule la voiture commence à ne pas trop être d'accord et à gémir. En plus quand on demande au gens notre chemin ils disent toujours qu'il y en a encore pour 2h (pff 30km.. n'importe quoi ce guide..).

 

Bon finalement on va faire demi-tour, on va plutôt aller visiter le village de notre sympathique conducteur. Mais après quelques km revoilà que la voiture s'arrête, problème d'injecteur cette fois. Comme aucun de nous ne pourra être d'une grande aide au chauffeur, qui va tenter la réparation avec sa trousse à outil : un bout de ficelle et un tournevis, on décide plutôt d'aller se joindre à la célébration qui se tient sur le bord de la route.

En effet, plantée à coté d'une station essence, une « église pentecôtiste » ou « évangélique» nigériane, comme il en existe une multitude ici célèbre la messe du dimanche. (Il est déjà 14h, mais ici les messes peuvent durer 2, 3, 4h.. peut-être plus, c'est souvent la seule activité du dimanche de toute façon). Faut dire aussi que là c'est une cérémonie spéciale parait-il, c'est pour fêter la récolte.

Comme demandé par un des enfants de coeur, on se met pieds nus avant d'entrer sous les treilles de feuilles de palmiers, le toit de l'église en somme et ensuite, à peine assis, le prêtre vient nous demander à chacun notre prénom pour nous présenter à l'assemblée. Mais je ne vous cacherais pas qu'on avait été remarqué depuis déjà un moment de toute façon.

 

 

 

            La nouvelle eglise n'a pas encore beaucoup d'argent: les murs sont à peine commencés ( sur la gauche)

 

Après quelques chants et danses toujours rythmés par les percussions, pendant lesquels on ne sait plus très bien si on assiste à une cérémonie religieuse ou à une fête traditionnelle, vient l'heure de la quête et là le prêtre nous rassure : il accepte les dollars. Ouf, moi qui ai cru un instant que j'allais être obligé de faire un chèque ça m'aurait ennuyé. 

Cette quête est un moment assez incroyable : le prêtre nous amène autour d'une grande corbeille et toujours au milieu des rires, des chants et des danses, qui reprennent de plus belle, les gens viennent déposer leurs billets venant danser avec nous et nous invitant à faire de même. Mais au lieu de déposer directement leur offrande dans la corbeille, ils nous la posent sur le visage. Je n'ai pas très bien compris le sens de ce geste toujours est-il que ça a duré un bon moment comme ceci. Un moment, en aucun cas désagréable, mais assez étrange.

 

  

                                  Les danses (des femmes et des jeunes filles surtout) pendant la quete. Je dois preciser que ce sont elles qui nous ont encourager a prendre des photos, on n'aurait pas oser essayer sinon.

Après, comme notre chauffeur nous faisait signe depuis la route que la réparation était finie, le prêtre nous a demandé d'où nous venions puis a appelé un garçon qui parlait français afin de nous remercier et de nous inviter de nouveau à aider sa jeune église débutante. En tout cas on ne pourra pas dire qu'on n'a pas eu un accueil personnalisé !

 

On laisse donc cette petite église de campagne, sa chorale habillée en bleue et jaune, et tous ses paroissiens en blancs derrière nous pour rejoindre la voiture.

 

 

                                                           Des paroissiennes, bien habillées pour la cérémonie

 

A mon avis, il devait manquer un outil au chauffeur pour peaufiner la réparation parce que la voiture continua de s'arrêter tous les 500m. Ce qui est somme toute assez ralentissant. En arrivant au prochain village, on refait donc un arrêt au stand et on en profite pour manger un bout.

Comme la soif se fait sentir sous le bon soleil tropical et que les bouteilles d'eau ne se trouvent pas facilement ici, on achète de la « pure water » : c'est de l'eau vendu dans des petits sachets en plastique. Normalement c'est de l'eau traitée, mais les nigérians qui ont les moyens d'acheter autre chose évitent quand même de la boire, pas très bon pour l'estomac parait-il. Comme ça fait déjà 4 jours, je pense que mon ventre à tenu le coup.

Finalement, 1h plus tard, même avec l'aide d'une dizaine de têtes plongées sous le capot et autant de conseils criés de toute part, la voiture n'est toujours pas prête.

                                      

                                   Notre voiture pour ce we, mais decidement il a l'air capricieux cet injecteur...

On décide donc d'abandonner lâchement notre chauffeur de taxi et de retourner à Lagos en transport public : encore un trajet avec moins d'espace qu'une sardine dans sa boite.

 

 

Et encore, moi j'ai été chanceux, je me suis glissé tout devant, à coté du conducteur, là où on est que 3 par rang et où il n'y a ni poules, ni télévision, ni enfants sur les genoux. En revanche quand je me suis rappelé qu'il n'y a pas de ceinture non plus j'ai préféré m'endormir plutôt que de passer une heure les yeux fixés à la route. Heureusement, comme quelques passagères derrière ont entonné des chants de prière pour la route, le retour s'est donc passé sans encombre.

Tous les véhicules de transport, de marchandises ou de personnes sont bariolés de messages religieux, tantôt chrétien tantôt musulman selon l'obédience du chauffeur. Avec ces messages et la prière du départ, les conducteurs se sentent ensuite protégés, mais le problème c'est qu'ils ne facilitent pas toujours la tache. Ici la mort est plus une fatalité, si ça arrive c'est que ça devait arriver, de toute façon on aurait rien pu faire, d'où des comportements un peu tête-brûlée de temps en temps.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Romain 09/10/2006 12:05

Bravo les tontons ! Je vois qu'on a pas oublie ses classiques ;-)

Bernard 12/09/2006 19:00

Je suis un petit peu en retard, mais je confirme, c'est bien Bourvil dans le Corniaud.

bruno 07/09/2006 18:26

C'était effectivement très facile , trop facile  :)))

Romain 29/08/2006 16:48

Damned, je suis fait..
J'avais en revanche oublié de preciser que le caramel est a venir retirer a Lagos. Les frais de port n'etant pas inclus. (Hehe, bien rattrapé..)

alban 27/08/2006 19:08

Bourvil dans le corniaud !  une préçision, jle prefère au caramel le carambar...