Visite de plantations à Okumu

Publié le par Romain

Visite à Okumu - 8 et 9 Avril 2006:

 Apres une semaine de devinette pour savoir si oui ou non nous allions travailler le lundi (Jour férié demandé par les musulmans pour l’anniversaire de Mahomet) nous nous décidons tout de même à partir en WE direction Okumu.  A 40km à l’ouest de Benin city, capitale de l’état d’Edo, Okumu est une vaste plantation de palmier (pour l’huile de palme) et d’hévéa (pour le caoutchouc). La société belge qui gère cette plantation a ainsi 20 000 hectares de terrain repartis entre palmiers et hévéas. Une grande boite française (un indice, basée à Clermont Ferrand…) a aussi des plantations d’hévéas dans la région et à d’autres endroits du Nigeria.

 

 

 Cette fois nous partons à 12 (VIE ou jeune expat, 8 français, un belge, un chilien et 2 nigérians) ! Et finalement, certains resteront 3 jours tandis que d’autres (comme moi) travaillent le lundi et devront donc rentrer dimanche... Okumu est tout de même à 3h30 de Lagos et il peut toujours arriver quelque chose d’inattendu sur les routes du Nigeria, pour des raisons de sécurité on préfère donc ne pas avoir à se déplacer avec une voiture seule et partir à 4 voitures, dont 2 rentreront dimanche soir. Bien motivés, nous quittons donc Lagos samedi matin en grand convoi, avec 1h de retard sur le planning (c’est normal, c’est le « nigerian time » !) pour attendre les derniers et se décider sur le nombre de voitures.

 

La route jusqu'à Okumu est très jolie, cela varie de la végétation luxuriante du bord de la lagune aux arbustes plutôt secs ensuite. En revanche le nombre de barrages de police est impressionnant, on en a compté une vingtaine au moins ! Heureusement les policiers, ne veulent pas trop s’attirer d’ennui diplomatique et demandent très rarement de l’argent aux occidentaux (comment ? la police, corrompue ? allons-donc, baliverne !). En revanche, tous les conducteurs locaux de transport de marchandises ou de personnes doivent souvent payer pour continuer ou alors forcer un peu… Il faut dire que le gouvernement a tellement de retard dans le paiement des policiers que ceux-ci sont obligés de recourir à la corruption pour vivre. A noël dernier, certains n’avaient pas eu de salaire depuis plus de 2 ans parait-il…

 

Toujours est-il que quelques pauses ravitaillement essence-bananes plus loin, nous arrivons à Okumu Oil Palm. Les logements d’une petite partie du personnel (là ou nous allons) sont en plein milieu de la plantation, entourés de végétation, sans autre bruit que celui des oiseaux. Je savoure toujours ce calme, je sais que je ne pourrais pas avoir ça dans un rayon de 20 km de Lagos ! En plus, une piscine nous attend et pour se détendre des 3-4h de route, (assez tape-cul tout de même, mais jolie je le répèteJ), c’est parfait !

 L’après-midi, Olivier (le jeune français, au Nigeria depuis 7 ans, qui s’occupe de la partie hévéa de l’exploitation et qui nous accueille pour le we) nous emmène faire une visite de la plantation. Assis à l’arrière des 4x4 pickups, on se retrouve bientôt recouvert de la poussière orange des pistes. La taille de la plantation est impressionnante, on roule pendant plusieurs kilomètres au milieu des rangées de palmiers dont seule la hauteur varie : une fois qu’ils ont atteint une certaine hauteur (15-20m), ils sont coupés car la récolte des fruits devient trop contraignante. Celle-ci est faite manuellement, les ouvriers grimpant aux arbres en s’aidant d’une sangle autour du tronc ou alors avec de gros sécateurs montés sur des perches. Les fruits sont ensuite pressés pour obtenir l’huile de palme qui sera transformée pour l’alimentation, faire des savons ou autre…

 Ensuite les arbres changent, nous passons aux hévéas. Nous visitons la pépinière, puis les arbres adultes où la pâte est recueillie depuis des incisions de l’écorce, un peu comme le sirop sur les érables. La seule idée que j’avais des hévéas, c’est tintin au Congo qui fait un lance-pierre géant avec la pate pour assommer un rhinocéros, et bien il est fort Tintin car devant moi la pâte sort au goutte à goutte de l’arbre, tout doucement, juste de quoi faire un chewing-gum après quelques minutes (mais vu l’odeur de la pâte je ne m’y risquerai pas trop !) . On finit la visite par un dernier petit tour, il faut dire que le paysage est plutôt sympa et avec la luminosité du soleil couchant c’est vraiment pas mal !!

 

Le lendemain, après un réveil un peu tardif et quelques bains dans la piscine on se décide enfin à aller faire un petit tour dans le parc d’Okumu. C’est l’une des plus importante réserve de forêt tropicale au Nigeria et outre les essences d’arbres caractéristiques de ce genre de forêt, on y trouve aussi de nombreuses espèces d’oiseaux et parait-il aussi quelques buffles, éléphants, singes... Mais bon, ce n’est pas avec notre petite marche en bordure de foret en pleine journée qu’on risque de surprendre ces animaux ! J Pour ça il faut plutôt envisager quelques nuits au cœur du parc a mon avis, une autre fois peut être… Quelle chaleur aussi ! Au moindre effort j’ai toujours l’impression d’avoir fait un marathon, dégoulinant de sueur après 3 minutes de marche. On a pu tout de même voir de jolis arbres et une végétation qui déclinait le vert sous tous ses tons.

 

Puis vers 15h il a fallu penser au départ, pour pouvoir rejoindre Lagos avant la nuit et éviter ainsi les camions roulant sans phares ou les trous dans la route qu’on ne voit pas. Nous voila donc repartis sur la route, à la recherche d’une pompe à essence qui sera fera attendre jusqu’au dernier moment !! Une heure avant Lagos on passe par Epe, un village qu’on trouve vraiment très joli, mais au cœur du village il y a de l’animation… En fait, on ne sait toujours pas ce qu’ils fêtaient mais des jeunes, souvent bien imbibés, gesticulaient au milieu de la route avec des branches. Comme ils bloquaient la route, les voitures devaient rouler au pas. Seulement lorsqu’ils nous ont vus, ils sont devenus un peu trop exubérants à notre gout, criant Oyibos ! Oyibos ! (ca veut dire Blancs), ils s’allongeaient sur le capot, donnaient des coups de branches ou de poings dans les voitures, essayant d’ouvrir les portières…Heureusement des gens encore sobres les canalisaient un peu et on a pu finalement passer, mais ca donne toujours un petit coup d’adrénaline, les carrosseries des voitures s’en souviennent encore !

 On est mal tombés car les autres VI qui sont passe par Epe le lendemain ont pu profiter pleinement de ce joli village, ils se sont arrêter au marché, ont fait des photos… Mais nous retiendrons la leçon, il faut mieux éviter les mouvements de foules.

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