Un WE a Osogbo

Publié le par Romain

Le week-end dernier, avec Jean-Baptiste (l'autre VIE qui loge avec moi), nous voulions faire une petite visite dans l'Osun state, au nord de Lagos, notre destination etant la capitale de cet etat: Osogbo. Le seul hic c'est que nous n'avons pas de voiture et comprendre le systeme de bus reste encore hors de nos facultes ! C'est finalement Wale, un ami nigerain d'autre VIE, qui accepte de nous servir de guide pour le we. Apres un arret a Ikeja, quartier nord de Lagos, pour acheter 2 telephones portables qui remplaceront ceux qu'on s'est fait piquer la veille, nous voila partis!

Le long de la route, les nombreuses carcasses de vehicules rouillées témoignent des accidents précédents. Heureusement les panneaux publicitaires des nouvelles églises pentecôtistes, très en vogue ici, nous avertissent : «  Miracles happen everyday ! ». Nous voila rassurés, avec un peu de chance on arrivera à eviter tous les nids de  poule et à slalomer entre les camions sans encombre. Bien cale dans la vieille Mercedes de Walé, nous doublons tous les danfos (ce sont les minibus faisant office de cars au Nigeria) remplis à craquer de passagers et de bagages, attachés avec des cordes sous le battant ouvert du coffre, rallongeant le bus d’une grosse bosse d’un mètre ou deux ! Un des autres avantages de la voiture de Wale est la petite plaque rouge à l’avant…En effet, avec une plaque diplomatique, les barrages routiers se passent sans problème, sans ca, il faut parlementer longtemps pour pouvoir continuer sans payer un petit qqchose…

 Arrivés à Ibadan, nous nous arrêtons chez Andrew, un ami photographe, pour prendre le petit déjeuner. Je suis étonné par la fraicheur de la maison, pourtant il n’a pas de climatisation, mais c’est agréable après la chaleur de dehors (il n’y a pas de clim dans la voiture de Walé non plus). Apres qques tartines à la confiture d’ananas (moi qui adore l’ananas, je suis bien servi ici !) et un bon chocolat froid (bah oui c’est plus rafraichissant quand même !) on repart en direction d’Osogbo. A la sortie de la ville, on longe un immense marché, c’est le plus grand de l’état et on peut y trouver n’importe quoi. Je reste assez dubitatif devant des étalages de bois posés le long de la route qui sont recouverts de télés et de chaines HiFi.   

Une fois arrives a Osogbo, nous allons directement au shrine (lieu de culte) de la rivière Osun. Ce shrine est décoré de diverses sculptures et statues qui, comme nous l’explique Walé, sont soit des guetteurs, soit des lieux de sacrifices ou encore des représentations de déesses. Dans le calme de ce lieu, nous croisons seulement une famille nigériane, visitant elle aussi l’endroit et un habitant des lieux, un petit singe surpris sur un arbre. Bizarrement, la prêtresse actuelle de ce culte n’est pas originaire de la region puisqu’elle est hollandaise ! Susan Wenger, c’est son nom, a ainsi passe une partie de sa vie dans des huttes en terre que nous visitons, près des lieux de culte et de sacrifice. Elle s'est si bien integree dans la vie locale qu'elle a finalement accede a un role tres respecte ici, celui de "pretre" ou de celebrant du culte si on peut dire. Maintenant âgée, elle habite une maison dans Osogbo. Quittant les lieux, après une visite à un fabricant de percussions et avoir avalé quelques yams (pate de manioc à tremper dans du jus de viande épicé), nous nous arrêtons justement devant sa maison, ornée du même genre de sculpture que celles vues juste avant. La vieille dame, à moitie aveugle et marchant difficilement, en descend justement les escaliers. Vivre jusqu'à 91 ans dans ces conditions m’impressionne, car ce n’est pas exactement le grand confort et c’est un choix de vie bien differente de ce qu’elle a du connaitre dans sa jeunesse…

 Ensuite nous passons voir une galerie d’art local avec peintures, vêtements ou mobiliers puis nous mettons en recherche d’un hôtel. Le premier visité à l’air un peu douteux, en revanche le second nous convient et il reste 2 chambres, parfait. Quand je rentre dans la chambre, je m’interroge sur le fait qu’il n’y ait pas de drap sur le matelas, peut être les donnent ils après ? On a espéré pendant un moment lorsqu’on a vu qu’il y avait la clim mais en fait elle ne marchait pas, tant pis ! Apres une rapide douche dans la « salle de bain », nous voila installes dans la salle principale à discuter avec un étudiant en électronique. Les contacts sont très faciles et les gens nous abordent d’autant plus qu’ils n’ont pas l’habitude de voir des blancs ici. L’heure du diner arrivant, nous partons acheter quelques suyas (fines tranches de viande, bien cuite et pimentées) que nous mangerons dans la cour de l’hôtel. Je trouve ceux-ci ultra pimentés et au bout de 10 min j’ai le visage en feu mais étrangement pas la bouche. Je décide d’aller reprendre une douche, mais j’avais oublie qu’il n’y avait plus de courant depuis déjà quelques heures (les pannes sont très fréquentes), donc plus de pompe pour l’eau, donc pas de douche… Crevés par notre journée et notre courte nuit de la veille, on part donc se coucher dans notre four thermostat 35 degrés, ou les draps ne sont jamais arrivés d’ailleurs. Mais peu après, « miracles happen every day ! » l’électricité revient, on va pouvoir mettre en marche le ventilateur plafonnier, c’est déjà ca ! Finalement la nuit a été plutôt bonne même si une panne de courant a recommencé à l’aube nous privant de douche matinale…

 

 

 

 Aujourd’hui nous allons marcher un peu, près de chutes d’eau dans la région. Nous payons notre accès au site après que Walé ait pu obtenir un prix raisonnable puis nous voila partis. Je trouve le site de la première cascade (facile d’accès) particulièrement sale, avec plein de détritus partout. Je m’étais déjà fait la réflexion que l’environnement n’était pas vraiment la préoccupation principale ici, et cela peut se comprendre étant donne qu’il y a tellement d’autres problèmes à résoudre, mais que quelques règles simples ne soient pas appliquées, qui plus est dans un site naturel, je trouve ca bien dommage. Heureusement les déchets se limitent à cette portion et durant le reste de la balade, on pouvait se sentir perdu dans la foret africaine. On grimpe ainsi jusqu'à la source puis en redescendant on passe par un petit panorama duquel on peut voir le village voisin, croisant au passage des habitants dudit village ramenant des gros fagots de feuilles comestibles de jenesaisplusquel arbre. Ca fait du bien d’avoir un peu de hauteur et de pouvoir contempler plus loin!!

 

 

Finalement revenu au pied de la cascade, nous sommes dégoulinants de sueur, et l’idée de rejoindre une voiture sans clim qui a bien chauffé au soleil ne me fait qu’a moitie envie ! Nous decidons plutot de prendre une douche bien méritée sous la cascade !! Le débit est loin d’être à son maximum car nous entrons a peine dans la saison des pluies mais il est déjà amplement suffisant pour une bonne grosse douche naturelle ! C’est donc rafraichis que nous rejoignons la voiture; n’ayant rien mange depuis la veille j’achète au passage 3 ananas au jeune vendeur qui nous attendait la, il nous propose aussi un régime entier de bananes pour 1000 Nairas (soit une cinquantaine de bananes pour 6 euros) mais n’étant pas fan des bananes je préfère en rester aux ananas (qui se révéleront d’ailleurs EX-CEL-LENTS !).

 Sur la route du retour, nous passons par Ife ou Walé va saluer sa mere et par Ibadan pour déposer Andrew, c’est d’ailleurs la sortie de la grande mosquée au toit doré d’Ibadan et nous assistons à un véritable défilé de fideles, tous habillés en blanc. Puis ensuite nous revoilà plongés dans le concert de klaxon et le brouhaha permanent de Lagos. Je me rends compte alors que, comme toutes les grandes villes, Lagos est loin de représenter son pays. Les différences entre Lagos et le reste du Nigeria sont grandes et il est bien d’avoir un autre aperçu du pays.   

Apres ce we entier sans clim, de retour dans ma chambre, j’ai presque froid, je jette un coup d’œil a mon thermomètre : 29 degrés !

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