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Ce site décrit quelques expériences de vie, voyages et découvertes hors de nos frontières en texte et en photos:

- La vie à Lagos, capitale économique du Nigéria

- Tourisme au Nigéria et au Bénin

- L'Afrique de l'ouest à moto, du Nigéria à Grenoble

- Trekking au Pakistan


Images aléatoires

Mercredi 28 mars 2007
24/03/07 : Bolgatanga - Po - Tiebele : 97km -> 1869 km

 Il y a de plus en plus de baobabs sur le bord des routes, des arbres au tronc immense qui poussent dans de telles conditions de chaleur et de secheresse, ca impressionne. En travers de la route, un camion renversé. La circulation est toujours tres faible (tant mieux) mais l'état des poids lourds et leur surchargement multiplient les accidents.

J'arrive rapidement a Paga, poste frontiere, je quitte donc definitivement l'anglais, maintenant ce sera uniquement des pays plus ou moins francophones. Les formalites se passent sans aucun probleme. Je retrouve les bonnes vieilles peugeot, voiture symbole de l'afrique s'il en est. (Au Ghana c'etait plus des petites asiatiques).

Bon bah la si vous avez pas compris, j'arrive au Burkina...

A Pô je décide, malgré les 30 km de piste qui m'attendent, de faire un detour par Tiebele, village de l'ethnie des Gourounzi repute pour ses habitations traditionnelles.
Pour me recompenser, non seulement la piste est bonne mais en plus l'accueil au village est très sympatique. Apres qques minutes de discussions avec des jeunes qui m'avaient aborde, je suis invite a venir dormir chez l'un d'eux.

Là j'avoue j'étais méfiant, c'est pas possible, c'est trop facile, c'est encore une arnaque pour touriste? ils vont me presenter la facture après? Mais c'était sans compter sur l'hospitalité naturelle des africains, il n'en sera rien. Martin et Ibrahim me font ainsi visiter leur village, le marché, la fete pour les funerailles (encore..), le lac ou on peut se baigner, le barrage pour irriguer des potager en aval, et les habitations traditionnelles.

Ce sont des huttes en bouse de vache et terre cuite, peintes par les femmes selon des motifs relatifs a la vie de tous les jours. Les huttes rectangulaires sont pour les couples, celles en formes de 8 pour les grands-meres qui habitent avec les petits enfants et les filles celibataires tandis que les petites rondes sont pour les hommes celibataires. Chaque famille élargie a son assortiment de huttes comme ca regroupees autour d'une cour ou se trouve le betail.

Les habitations traditionelles, dans le village de Tiebele (Burkina)

Chez Martin en l'occurence, il ya les grands parents, les cousins, oncles et tantes et aussi des cochons, vaches, chevres et poules. Les habitations sont bien sur assez rudimentaires mais on trouve maintenant des meubles dedans : lit, table.. Le soir, la fete bat son plein pour les funeraillles (ca dure 3 jours) et j'apercois rapidement des silhouettes d'hommes titubant: ils ont un peu trop force sur le "dolo", la biere de mil local.


 25/03/07 : Tiebele - Ougadougou : 178 km -> 2047 km

Qu'est ce qu'il fait chaud.. j'ai la gorge seche en permanence, heureusement il y a le lac. En me baignant avec les enfants un doute me prend "attends, Martin il m'a bien dit qu'il y avait des crocos ici.." je prends donc mon ton le plus assuré, pour les questionner, tout en recroquevillant les doigts de pieds. Mais ils sont petits, ils ont peur des hommes et ils sont de l'autre cote du lac parait-il.


Baignade avec les enfants à Tiebele, l'eau est chaude mais ca rafraichit quand meme un peu

A 8h, le soleil est deja haut dans le ciel, ca tape, il faut pourtant aller finir d'arroser les plates-bandes de patates douces, heureusement il n'en reste pas trop et des puits sont creuses un peu partout pour limiter les trajets. Et dire qu'il doivent faire ca tous les jours pendant des heures.. Quand je parlais de travail ereintant!

Au petit dej, j'ai droit au to a l'oseille, une pate de mil. Je trouve ca un peu dur quand meme, je preferais les mangues fraiches du potager/verger !


Puis c'est le depart pour Ouaga. La route est un peu monotone, toujours tres sec, toujours pas de circulation, quelques velos et mobylettes dans les villages traverses. Et j'arrive dans la capitale burkinabaise, où je suis accueilli comme un roi par Severine, qui est VI ici.

A Ouaga, il fait très chaud! en gros 38 à 40°C. C'est assez usant, on reflechis à 2 fois avant le moindre effort physique.. Sinon la ville a l'air sympathique, les burkinabés ne faïssent pas à leur réputation de personnes accueillantes, gentilles et calmes. En revanche, la circulation est comme toujours un beau foutoir.. Ici la reine c'est la mob, yen a des milliers, qui vont dans tous les sens, dans un nuage de gaz gris, ca pique le nez.

Je profite quand meme des quelques jours passes ici pour me reposer un peu, apres ces premiers 2000 km. Je suis deja bien content d'etre arriver jusqu'ici!
Par Romain - Publié dans : L'Afrique de l'ouest en Okada
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Samedi 24 mars 2007

22/03/07 : Abofour - Tamale :330 km -> 1607 km

Pffiouuuu des etapes comme ca j'en referais pas souvent, c'est trop crevant!

En tout cas en une etape j'ai l'impression d'avoir change de pays. La foret tropicale, et les grands arbres verts ont laisse la place a la savanne, des plaines seches parsemees d'arbres.

Je decouvre un Ghana rural, tres pauvre. Tous les villages se ressemblent: des petites huttes rondes en terre sechee avec un toit pointu en paille, disposees en rond autour d'une petite cour interieure, comme des minis forteresses.

Je vois maintenant beauoup de troupeau de vaches fameliques et quelques marigots boueux le long de la route. La chaleur se fait sentir. Le vent, qui dans le sud suffisait a me rafraichir, me brule maintenant le visage.

Le nouveau système d'aération dans une école du nord Ghana

La route est longue, tres longue. Je remarque de tres nombreuses epaves sur les bas cotes et traces d'accidents recents. Il y a peu de voitures, c'est principalement des camions que je croisent, ils sont toujours charges a bloc bien sur.

En milieu d'apres-midi, le ciel s'obscursit et des gouttes tombent. Quand la pluie se fait un peu soutenue, je m'arrete pour m'abriter dans un village. Pensant que ca se calme, je repars (j'ai trop hate d'arriver et j'ai encore de la route!).

L'erreur!! Au bout des 2 min c'est des baugnoires entieres qui me tombent dessus, me fouettent, ca devient dur de conduire, l'eau recouvre la route. Je m'arrete sous le premier toit que je trouve, je suis rince, completement trempe de la tete au pied. Chaussures en goretex machin.. ouais.. bah elles ont pas tenues 3s les chaussures, j'ai 2 litres d'eau dans chacune.

Apres 10 min ca s'arrete, je repars. Mais je n'ai qu'un quart d'heure de repit, apres le meme scenario recommence.. Cette fois c'est dans une ecole que je trouve refuge. Il est deja 17h, et comme il n'est pas question que je roule de nuit, je me fais a l'idee de passer la nuit ici en compagnie des 3 chevres qui se sont refugiees aussi.

Mais une demi-heure plus tard, le ciel a l'air plus clement, je remballe toute mes affaires et fonce et arrive a Tamale, apres 9h sur la route.. Ouuuff, enfin !!

Dans la ville je retrouve pleins de motos, absentes dans le sud du Ghana. Beaucoup sont conduites par des femmes. D'un autre cote, la population musulmane est plus importante, il y a une grande mosquee, certaines personnes parlent Haoussa (dialecte parle au nord du Nigeria aussi).

J'ai du mal a me dire que je suis encore au Ghana tant l'atmosphere est differente des villes du sud.

23/03/07 : Tamale - Bolgatanga :165 km -> 1772 km

Les petites carioles tirees par des anes se muliplient, sur le bord des routes, beaucoup de velos aussi et bien sur toujours autant de marcheurs. L'objet de la femme rurale africaine pourrait etre la bassine, elles en ont toute une visee sur la tete, remplie tantot de manioc, tantot de bois, d'eau, ou d'autres bassines. Et quand elles ne marchent pas avec leur bassine, elles pilent le manioc.

Les hommes, c'est different. Une partie effectue des travaux physiques ereintants sous cette chaleur, ou deja tourner le poignee de mon accelerateur demande toute mon energie (bon d'accord j'en rajoute a peine..) l'autre partie se trouve allongee a l'ombre des arbres, oisive, attendant je ne sais quoi.

Des enfants allant chercher de l'eau, près d'un marigot. Discussion difficile: une seule parle un peu l'anglais, la seule qui va a l'école surement.

Apres la longue journee d'hier, j'en ai marre de rouler et veux arriver le plus vite possible. Mais peu avant Bolga : crevaison. Cette fois c'est pas dans un village, c'est en plein cagnard au milieu de nulle part. Je m'en fais pas je sais qu'on va venir m'aider, je commence donc la reparation.

Deux types se ramenent a pied, comme prevu, ils m'aident. En forcant pour remettre le pneu, on recreve la chambre a air. Puis comme une voiture s'arrete pour les prendre en stop ils s'en vont.

Je m'en fais pas, je sais que d'autre viendront m'aider. Je suis donc en train de coller ma 5eme et derniere rustine (oui, on l'a vraiment bien abime la chambre a air..) Quand Saudi Mohammed et Mohammed arrivent, en moto. J'ai plus de rustine et ya encore des trous.. Ils decident d'emmener la roue au prochain village pour la reparer.

Ils demontent donc la roue (c'est la roue arriere bien sur, avec les freins, la chaine etc.. sinon ce serait trop facile). Un peu inquiet, je veux quand meme m'assurer "Euh vous savez remonter tout ca apres? paske moi non hein." "oui oui pas de pb".

 

Saudi Mohammed et Mohammed a l'oeuvre


Et les voila partis avec ma roue.

Et 20 min plus tard les revoila, avec une chambre air neuve remontee sur ma roue et de l'eau fraiche (j'en avais plus, c'est gentil !). Ils remontent tout ca et s'en vont.

Je ne sais pas ce que j'aurais fais sans eux. Surement attendu la 2eme moto...

Je fais donc les derniers km sur des oeufs, le spectre de la crevaison en tete maintenant. Apres la black et la White hier, je traverse la Red Volta et atteint Bolga.

Bolgatanga est une ville poussiereuse, j'ai la gorge seche en permanence, mais neanmoins sympathique, une petite ville de campagne. C'est ma derniere nuit au Ghana.. demain je passe au Burkina!

Par Romain - Publié dans : L'Afrique de l'ouest en Okada
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Mercredi 21 mars 2007

19/03/07 : Cape Coast, Elmina, Brenu.

Aujourd'hui petite journee touristique dans la region de cape coast. Je pars le matin pour Elmina, la route est belle, il y a toujours plein de pecheurs le long de la cote, il est 8h, il y a aussi beaucoup d'enfants qui marchent vers leurs ecoles.

Vue de  Cape Coast

Elmina est une jolie petite ville ou se situe le St Georges Castle (apparement premier batiment europeen construit en afrique), bati en 1482 par les Portugais. Les 500 km de cote du Ghana comptent ainsi 37 forifications construites par les puissances europeenes qui se battaient pour le controle de l'or du Ghana: Anglais, Hollandais, Portugais, Allemand, Suedois, Francais, Danois.

La ville a aussi un port on ne peut plus animé et coloré, pour une ville de pecheurs, c'est le point nevralgique.

 

Le port d'Elmina

A qques km se trouve Brenu, un village (de pecheurs encore.. ya que ca) situé sur une plage splendide! Le sud du Ghana abrite vraiment de tres jolis coins. (Et je dis le sud parce que je ne connais pas encore le nord).

La sympathique plage de Brenu..

Un groupe d'enfants s'amassent autour de moi, un peu opressants, et puis ils chantent une chanson sur moi en rigolant. Seraient-ils en train de se moquer de moi? Comme je ne comprends pas, dans le doute je les laisse et vais plutot rejoindre l'eau.

A cape coast je visite aussi le chateau qui, comme celui d'Elmina, est au patrimoine de l'Unesco. Le fort a pendant longtemps servit au commerce triangulaire. La visite des cellule ou etaient parqués les esclaves, parfois pendant de longs mois, avant que les bateaux n'arrivent, fait fremir.

Cape-Coast - Abono : 214km -> 1179 km

Ce matin au reveil, mal a la tete, au ventre, courbatures et le thermometre indique 39. Je pourrais penser qu'il marche mal, mais hier soir j'avais deja pris ma temperature et il indiquait bien 37.5 .Je me fais donc un petit test de malaria ( merci a Fred de m'avoir filer ca, c'est bien utile) et apres 15 min de suspens, verdict negatif. Bon c'est toujours ca, une crise de tremblement sur la moto ca ferait desordre.

C'est surement du a mon alimentation, depuis une dizaine de jours je ne mange que les plats locaux de la rue et l'eau vendue en sac plastique (les "pure water" comme on dit ici). J'essairais quand meme de purifier mon eau autant que possible maintenant.

Mais au fur et a mesure que la route passe, il ne reste que le mal de ventre, donc ca va c'est normal.

J'arrive ainsi a Abono, petit village au bord du lac Bosumtwi. Je demande a camper au bord du lac, un gars me propose un emplacement pour 50 000 Cedi, le prix de ma chambre d'hotel a Cape-Coast ! Je fais demi-tour en lui expliquant qu'il s'est trompé de pigeon. J'obtiens finalement la permission de camper gratuitement a un autre endroit mais, en me baigant dans le lac, je fais la connaissance de Kwekou, chauffeur de tro-tro (les mini-bus au Ghana) a Kumasi, la grande ville voisine, qui m'invite rapidement a dormir chez lui.

Avant d'y aller il faut d'abord reparer la premiere crevaison du voyage. C'en est une belle puisqu'il faut quand meme 3 rustines pour en venir a bout.

La famille de Kwekou habite dans des petites cabanes de terres cachées entre les bananiers. Il y a la grand-mere aveugle, le grand-pere habillé en Kente (la tenue traditionelle des Ashanti, peuple de la region), la tante qui est pretresse et quelques uns des 21 freres et soeurs de Kwekou (de 2 meres differentes mais quand meme). 

Famille de Kwékou a Abono, (j'ai oublié de dire "cheeese".. )

Je me vois offrir le diner familial, le "fufu", de la pate de manioc dans sa sauce pimentée et me dis en mangeant que vraiment je ne laisse aucun repit a mon estomac..

Préparation du Fufu, dans la famille de Kwékou à Abono

21/03/07 : Abono - Abofour : 98 km -> 1277 km

Apres une nuit de 13h, je pars avec Kwekou a Kumasi, car il voulait y aller. Je teste donc avec succes la configuration conducteur + passager + sac, ca va ca tient. La crevaison reparée hier a tenu aussi, ouf.

Kumasi est une ville de 1 million d'habitants, et je peux vous dire qu'on les voient. Il y a du monde partout, on a l'impression d'etre dans un marche geant. La ville abrite d'ailleurs le marche Kejetia repute pour etre le marche le plus grand du Ghana si ce n'est d'afrique de l'ouest.

 Les grandes villes comme ca c'est assez pollué, trop bruyant, trop fatiguant, je ne sais pas si je vais y rester cette nuit, je vais deja chercher a manger un plat europeen !

(Finalement je continue jusqu'a Abofour, apres 60 km dont une majorite de piste.. )

Par Romain - Publié dans : L'Afrique de l'ouest en Okada
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